LA FONCTION DU RAMESSEUM

On désigne le plus souvent les temples de Thèbes-Ouest, sous le nom de temples funéraires en faisant un rapprochement avec les complexes funéraires de l'Ancien Empire. En fait cette appellation est mal appropriée pour le Nouvel Empire si on considère que dans ce type de fondation le culte était déjà rendu du vivant même du pharaon.

Certains égyptologues ont préféré y voir des temples jubilaires, mais il n'existe pas d'arguments suffisants pour se rallier à cette interprétation.

Le terme de "Château de millions d'années" est celui que les anciens égyptiens avaient attribué à ces temples. Il s'agit de donner un sens à cette dénomination.
Le temple égyptien est une évocation microcosmique de la création originelle. C'est dans son enceinte que, sous la forme d'un culte quotidien, doit être entretenue en permanence l'énergie divine.
L'originalité des temples de millions d'années résulte surtout dans l'association au culte divin (Amon à Thèbes), de celui du souverain lui-même sous la forme d'hypostases (images et statues réparties dans l'enceinte sacrée).
Dans ces monuments, l'architecture, la statuaire et les reliefs concourent à exprimer le même message spirituel dans lequel s'unissent clairement le céleste et le terrestre. A partir de ce programme on assiste dans ce type de fondation à une remise au monde quotidienne du dieu mais aussi du roi, fils divin. Il en ressort la notion de temple de culte royal où est exalté le pouvoir royal.
Du sanctuaire, lieu en rapport avec le mystère de la création, jusqu'au premier pylône, ultime étape d'un cheminement aboutissant à l'apothéose du roi qui maîtrise de nouveau les force du mal et rétablit l'équilibre Maât de l'Egypte, c'est en fait tout un périple qui est suggéré - tant dans le répertoire iconographique que dans les éléments architecturaux - et qui traduit la revitalisation, la régénération permanente de l'énergie royale, voire de l'institution monarchique.

En résumé, comme tous les châteaux de millions d'années, le Ramesseum serait un temple où la fonction royale est sublimée, où Pharaon s'identifie à la divinité avec l'idée très nette d'assimilation de l'humain au divin. Parallèlement, ce monument doit aussi faire l'objet d'une lecture historique et être considéré comme un mémorial où sont recensées et matérialisées les grandes actions qui ont marqué la vie de Ramsès et établi sa parfaite symbiose avec Maât.

Francité